Le ciel était lourd, presque menaçant, ce jeudi matin du 12 mars. Dans la cour du Centre Alcibiade Pommayrac, les joueurs du CAP marchaient lentement, sacs sur l’épaule, encore marqués par leurs compositions de chimie et de physique. Quelques heures plus tard, ils devaient pourtant oublier les formules et les cahiers pour entrer dans un autre combat. Celui du championnat interscolaire.
Deux jours plus tôt, mardi 10 mars, l’entraînement avait déjà donné le ton. Trente minutes de retard, des élèves arrivant au compte-gouttes, mais une fois le cercle formé, Milot Nestor avait pris la parole. Le responsable de l’EPS du CAP, entraîneur de l’équipe, avait insisté sur l’engagement. Depuis janvier, expliquait-il, les joueurs travaillent sur une préparation technico-physique et tactique. L’objectif est clair : remporter la compétition.
Sur le terrain, les joueurs enchaînaient les exercices sous son regard attentif. Rodéo, échauffement, match interne. L’ambiance oscillait entre sérieux et camaraderie. Baptiste Roodley Kimball Gariendo, vice-capitaine discret de l’équipe, observait calmement. Pour lui, la motivation est simple : gagner des titres pour son école. Il évoquait une ambiance solidaire, une équipe qui apprend à grandir ensemble.
Le jour du match, pourtant, l’atmosphère semblait différente. Peu de mobilisation dans la cour. Plusieurs élèves évoquaient les examens, la fatigue, les cours. Le football scolaire devait composer avec la réalité académique. Mais dans le vestiaire, la tension montait.
Milot Nestor restait serein. Il croyait en son équipe. Son message était clair : rester confiant, jouer en possession, construire depuis l’arrière et exploiter les ailes pour déstabiliser l’adversaire. Le CAP venait pour gagner.
Dès le coup d’envoi, la rencontre s’annonçait difficile. Face à l’équipe du collège Millot Gousse, le CAP subissait. La ligne défensive peinait à s’organiser. Le milieu de terrain semblait absent. Les joueurs perdaient trop de ballons. Pourtant, contre le cours du jeu, le CAP ouvrait le score sur un but contre son camp. Un avantage inattendu.
À la pause, malgré l’avantage, l’entraîneur ne cachait pas sa colère. Il reprochait à ses joueurs leur manque d’organisation. Le milieu de terrain perdait les duels. La ligne défensive n’était pas respectée. Pour lui, l’équipe n’avait appliqué qu’une partie des consignes.
Le début de la seconde période allait lui donner raison. Douze secondes. À peine le temps de se replacer. Millot Gousse égalisait. Une erreur de concentration, un moment de flottement. Le match basculait.
David, milieu de terrain du CAP, évoquera plus tard ce moment comme le plus difficile. « On a manqué de concentration au début de la deuxième période », confiait-il, encore essoufflé après la rencontre. Le but avait compliqué les choses, mais l’équipe restait soudée.
Le CAP continuait de souffrir. L’entraîneur procédait à des changements. Certains joueurs apportaient plus de stabilité. L’équipe trouvait deux ou trois occasions franches. Sans réussite.
La fatigue s’installait. Les joueurs ralentissaient. Mais personne n’abandonnait. Pour Milot Nestor, cette résistance constituait une satisfaction. Malgré la domination adverse, ses joueurs continuaient à se battre.
Le coup de sifflet final retentissait. Un but partout. Un match nul qui laissait un goût mitigé. « On aurait dû gagner ce match », reconnaissait l’entraîneur, tout en saluant l’engagement de ses joueurs. Avec quatre points au classement, le CAP restait en course.
David, lui, parlait surtout de solidarité. Sur le terrain, chacun couvre l’autre. Représenter l’école reste une fierté. Porter le maillot signifie représenter une famille.
Autour du terrain, les joueurs se rassemblaient une dernière fois. Fatigués, silencieux. Demain, ils retrouveraient leurs cahiers, leurs examens, leurs salles de classe.
Le ciel restait sombre en quittant le terrain. Mais dans les regards des joueurs, une détermination persistait.
Le championnat continue. Et pour ces élèves du CAP, chaque match ressemble désormais à une nouvelle leçon de vie.